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L'histoire du Rize

À Argentière (Vallée de Chamonix), l'exploitation de la glace débute avec Charles Vincent Gelati, originaire de Castel d'Aiano en Italie, arrivé dans la vallée en 1908 pour participer à la construction de la ligne de chemin de fer "Le Fayet-Vallorcine". Dès avant la guerre, il se met à l'ouvrage afin de fournir aux hôtels "Bellevue" et "La Couronne" la glace nécessaire à leur clientèle. Le réfrigérateur n'existe pas encore et les hôteliers conservent leur nourriture dans d'immenses glacères contenant jusqu'à 1500 à 200 kg de pains de glace.

A près la première guerre mondiale, les 4 frères Simond (voir photos) prennent le relais. A leur tour, ils fournissent la glace aux différents hôtels de la vallée d'Argentière, mais également Chamonix ou même Saint-Gervais.

En 1928, la langue terminale du glacier affleure la Crèmerie, construite depuis peu. De leur côté, les frères Simond ont bati une cabane au pied du glacier pour entreposer les pains de glace.

"Pour découper ces pains de glace, mon grand-père utilisait toujours un couteau bien pratique avec une lame spéciale solide et un manche en bois avec une prise en main évidente.
Ce couteau, je l'ai nommé "Le Rize"".

histoire rize montage

« Pour travailler la glace, il faut d’abord chercher un emplacement bien dégagé. Equipés de crampons et piolet, quelques foi suspendu au bout d’une corde de rappel, les hommes doivent bien connaître leur élément. «Avec des barres à mine de 2 ou 3m de long, on perçait des trous à l’horizontal, un peu en biais en descendant. Il fallait mouiller, sinon les barres se bloquaient dans la glace : de plus, l’eau faisait remonter les débris de glace. En même temps, on faisit une tranchée de côté et on dégageait en-dessous tout en préparant pour la prochaine mine, c’était 1 ou 2 ouvriers spécialisés ; il faut connaître, faire attention à la résistance de la glace. Quand on avait une bonne poche, un peu basse, on prenait un peu plus haut pour faire sauter de gros blocs. Alors, ça descendait des blocs de 15 ou 20m à la fois ! On avait ainsi beaucoup moins de déchets, c’était bien plus rentable.

Après, fallait tout détailler ; au pied du glacier, il y avait une espèce de petit lac et on les faiait tomber dedans et il fallait les découper après. Pas de découpe irrégulières, n’importe comment, mais qu’on puisse les transporter.

lerize dessin

Ensuite on détaillait ces blocs à la pioche et au couteau en morceaus de 30 à 50 kg. Pour les débiter, il ne faut pas frapper toujours au même endroit sinon la glace éclate sans se fendre. On utilisait des pioches plus longues et plus fines que les pioches ordinaires. Les ouvriers étaient là pour détailler la glace et l’emmener. C’est glissant, et puis c’est mouillé. Celui qui ne sait pas les prendre, les gros blocs, et bien, c’est lourd ! »

Pour transporter la glace, on construit une rize : couloir de 70 à 80 cm de large constitué d’un fond en planche de mélèze bordé de troncs de petits sapins dans lesquels on fait glisser la glace. Pour freiner les blocs, qui dans ce véritable toboggan, prennent très rapidement une vitesse excessive, on fixe, de loin en loin, quelques branches de sapin. Malgré tout, il arrive que les blocs sortent de la rigole ou se brisent à l’arrivée. Un peu plus tard, la glacier ayant reculé, sera construit un monte-charge, sorte de petit téléphérique d’environ 5m de long, muni de plateau à ridelles sur lesquels on place les blocs de glace pour les descendre.

En bas, on charge la glace sur des voitures à chevaux dans de grosse caisses, certaines étant blindées, pouvant contenir jusqu’à 2 tonnes et demi de glace. Les camions remplaceront bientôt les chevaux, mais le système reste le même. Très matinales, les équipes transportent jusqu’à Megève et Sallanches, des paysans des Plagnes prenant le relais. Pas de stokage possible : le travail ne peut se faire qu’à la demande. Pourtant, entre juin et septembre, on extrait du glacier quelque 600 tonnes de glace.

L’exploitation perdure encore pendant la seconde guerre (où des ouvriers italiens sont embauchés) et même jusqu’en 1951 !

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Cet extrait
est tiré du
guide du Patrimoine
de Chamonix
de 1997.


 

 


Les photos du couteau Le Rize d'origine

Couteau Lerize Ancien 001
Couteau Lerize Ancien 002
Couteau Lerize Ancien 003
Couteau Lerize Ancien 004
Couteau Lerize Ancien 005
Couteau Lerize Ancien 006